IMG_2950QBD Giovanni di Paolo Sienne 1400-1482 La prière au Jardin des Oliviers 32×32 ca 1445 he prayer in the Garden of Olives Rome Vatican Pinacothèque Partie d’une prédelle dispersée Part of a dispersed predella

November 8, 2019 - Comment

IMG_2950QBD Giovanni di Paolo Sienne 1400-1482 La prière au Jardin des Oliviers 32×32 ca 1445 he prayer in the Garden of Olives Rome Vatican Pinacothèque Partie d’une prédelle dispersée Part of a dispersed predella Image by jean louis mazieres Giovanni di Paolo Sienne 1400-1482 La prière au Jardin des Oliviers 32×32 ca 1445 he prayer

IMG_2950QBD Giovanni di Paolo Sienne 1400-1482 La prière au Jardin des Oliviers 32×32 ca 1445 he prayer in the Garden of Olives Rome Vatican Pinacothèque Partie d’une prédelle dispersée Part of a dispersed predella

Image by jean louis mazieres
Giovanni di Paolo Sienne 1400-1482
La prière au Jardin des Oliviers 32×32 ca 1445
he prayer in the Garden of Olives
Rome Vatican Pinacothèque
Partie d’une prédelle dispersée
Part of a dispersed predella

LA PEINTURE EUROPEENNE : UNE HISTOIRE EN IMAGE. ( 1 )

Les tableaux, fresques, mosaïques, vitraux présentent une histoire de l’Europe. Une histoire très synthétique, bien sûr, mais sans doute plus vraie, dans certains domaines, que l’histoire écrite. Le Discours est trop aisément falsifié. Les idéologies font souvent dire n’importe quoi à l’histoire parlée ou écrite. Il est plus difficile de falsifier une histoire en images. Avec la langue ou la plume, l’homme ment aussi souvent qu’il dit vrai. Avec les yeux, à moins de les fermer, ou de détruire les images ( iconoclasme) il est plus difficile de reconstruire un réel tout à fait autre que celui qui s’affiche en évidence sur un tableau ou une fresque.
Une des caractéristiques de l’Europe qui transparaît au travers de l’histoire de sa peinture est une nette tendance, à l’instabilité, à l’impermanence culturelle et idéologique. Une difficulté à pérenniser et a contrario une propension au changement qui caractérise cette société en comparaison d’autres civilisations. Fernand Braudel a très bien cerné ce phénomène avec l’acuité de son esprit de synthèse comparative :
"Les civilisations d’Extrême Orient se présentent comme des ensembles qui auraient atteint très précocement une maturité et un développement remarquable mais pour rendre quasi immuables certaines de leurs structures essentielles. Elles en ont tiré une cohésion remarquable mais aussi une difficulté à se transformer elle mêmes, à vouloir et pouvoir évoluer. En Extrême Orient où les monuments se détériorent comme en Chine et au Japon car bâtis en matériaux légers, l’homme, le social, le culturel semblent au contraire d’une permanence indestructible. Pérennité religieuse, philosophique, sociale et politique sont sa marque, au contraire de l’Occident" (Grammaire des civilisations)

L’Europe a connu dans son histoire plusieurs ruptures de valeurs spirituelles et morales, et de civilisations, dont l’Art, et la peinture en particulier, témoignent très clairement. Quatre ruptures plus ou moins brutales et plus ou moins sensibles :
– La fin de la civilisation gréco-romaine et l’avènement du christianisme. (1)
– La "Renaissance" (2)
– La "Réforme" (3)
– Les "Lumières" (4)
A chacun de ces stades, l’art européen – la peinture en particulier- a changé, plus ou moins vite, plus ou moins profondément.
Les invasions germaniques et slaves (ne pas oublier ces dernières, elles sont très importantes) et le christianisme ont provoqué un cataclysme, séculaire certes, mais formidable. Ce Cataclysme n’a pas été seulement politique, économique, technique. Toutes les règles morales, philosophiques, spirituelles, toutes les représentations du monde qui étaient celles de l’Antiquité grecque et romaine se sont lentement écroulées.
Il faut bien voir que l’effondrement de l’Antiquité et la substitution aux valeurs gréco-romaines, dont les sources étaient indo-européennes, des valeurs chrétiennes, dans leur version catholique et orthodoxe, a été une rupture culturelle considérable. Le christianisme a introduit en Europe toute une vision du monde et de l’homme qui était totalement étrangère à la société européenne entre moins 500 et plus 500. Les nouvelles valeurs et la vision du monde chrétienne est empruntée de manière massive à la culture judaïque et plus largement sémitique. De ce point de vue la christianisation de l’Europe est une acculturation considérable des populations européennes.
La Renaissance est une résurrection, très partielle, réservée à une élite intellectuelle et sociale, de la pensée et de certaines valeurs des sociétés grecques et romaines de sources indo-européennes .
Toute la peinture européenne entre 1500 et et le 19è siècle est la manifestation du double héritage culturel de l’Europe, indo-européen d’origine et sémitique d’importation.

Le résultat est évident : l’art paléo-chrétien et l’art byzantin n’ont aucun point commun avec l’art gréco-romain. Ni par les techniques, ni par les thèmes. Les capacités techniques s’effondrent, et les thèmes changent totalement, pour ne s’inspirer que de la religion catholique ou orthodoxe.
Une civilisation s’est lentement installée sur ces bases culturelles, catholiques-orthodoxes. Cette civilisation s’est épanouie pendant plus de 1500 ans. L’Art, et particulièrement la peinture, en sont les témoins. Peu importent les discours renégats qui fleurissent encore de nos jours chez "les élites" européennes, qui proclament l’absence de racines chrétiennes de l’Europe. Il suffit de rentrer dans un musée d’Art et d’ouvrir les yeux. Les discours sont mensongers, mais les images ne mentent pas. Que ces racines soient presque totalement mortes, c’est un fait. Que ces racines n’existent pas, c’est un mensonge.
L’Europe, une fois les dernières invasions repoussées, a reconquis, dès l’an 1000, progressivement, les techniques indispensables à l’établissement d’une société développée. L’architecture a retrouvé peu à peu la capacité de construire plus grand et plus lumineux. La sculpture, la peinture ont retrouvé lentement les techniques du réalisme. Cela s’est mis en place tout au long de l’époque romane et gothique.
Mais les thèmes de l’art sont restés les mêmes, de 500 à 1500 : l’art européen était dicté par les conceptions du monde et les règles spirituelles et morales du catholicisme et de l’orthodoxie. Des racines qui ont duré mille ans ! Des racines que certains actuels descendants des singes, qui sont perchés tout en haut de l’arbre de l’Evolution, prétendent ne pas voir.

Cette peinture des Temps Catholiques est univoque. Elle témoigne d’une vision du monde qui est totalement conditionnée par la doctrine catholique ou celle orthodoxe à l’est. Etait -elle pour autant l’expression d’une idéologie totalitaire imposée aux peuples contre leur volonté ?
Il est certain que dès qu’il a été reconnu par les pouvoirs le christianisme catholique, comme celui orthodoxe, a tout fait pour éliminer toute religion concurrente. A commencer bien sûr par le paganisme. Dans la suite des premiers siècles de notre ère le catholicisme s’imposera contre toute une série d’orientations doctrinales voisines, qualifiées d’hérétiques, comme l’arianisme. Pour finir par imposer sa loi, qui ne sera plus efficacement contestée qu’avec la Réforme.

Mais il apparaît aussi qu’à partir de l’an 1000, à l’ouest de l’Europe, sauf quelques résistances ultérieures dans le sud de la France, l’idéologie religieuse catholique a été totalement adoptée, intériorisée, par la majorité des hommes, de la base au sommet de la société. Et cette idéologie unique, structurée, a été la source spirituelle d’une civilisation qui a duré alors plus de 500 ans, sous son exclusive influence.
La vraie Renaissance, économique, politique, culturelle de l’Europe de l’ouest débute en l’an 1000 et se prolonge jusqu’à la fin du 14è siècle alors que l’Église est idéologiquement régnante, sans partage. Comme l’a bien rappelé Fernand Braudel dans tous ses ouvrages, l’Europe catholique ne doit rien aux Arabes et n’a pas attendu le Protestantisme pour développer un premier capitalisme commercial et bancaire efficace, source de richesses et de bien être. En témoignent, Pise, Florence, Venise, Gênes, Milan, Gent, Bruges, Ypres, Anvers, Cologne, Lübeck, Augsbourg, Barcelone….
Ce développement parfaitement autonome, et tout l’art européen de cette période, par sa beauté et les symboles significatifs et partagés par toute une population qu’il exprime et répand, sont des témoignages de la santé de cette civilisation.
Exactement comme on peut le penser des sociétés Égyptienne, Grecque ou Romaine. Il faut donc conclure que cette idéologie religieuse n’a pas été vécue dans la terreur ni même comme une contrainte, sauf par quelques populations en marge. Les artistes se sentaient à l’évidence libres dans cette société qualifiée par les historiens postérieurs de "Moyen Age". Non cet age n’a rien de moyen. Artistiquement, c’est une évidence. Et pas seulement en peinture.
S’ils n’avaient pas vécu avec le sentiment d’être libres les artistes du "Moyen Age" n’auraient pas été aussi créatifs d’un art qui était voulu par les élites comme une communication, un partage avec les populations et qui a manifestement réussi à rassembler autour de l’idéologie religieuse qui l’inspirait toute une civilisation, élites et peuples ensemble, pendant plus de Cinq cent ans.
Tout l’art peint et sculpté, et les vitraux des églises romanes et gothiques, financés par les corporations de métiers, a été pendant un millénaire à destination des peuples, y compris les analphabètes. Ce n’était pas un art séparé, incompréhensible aux masses populaires et absolument réservé aux élites.
A la Renaissance seulement est apparu un art plus spécifiquement destiné aux élites cultivées et dont les thèmes étaient l’Antiquité. Mais sans conflit avec l’art religieux qui a conservé une très grande importance et sa fonction de partage du Beau et du Sens en direction aussi bien des peuples que de élites.
Toute l’histoire européenne et même universelle témoigne qu’il existe de subtiles correspondances entre les sociétés et leur art. Un art beau et significatif, qui fait le ravissement des hommes de son époque et de tous les temps, qui procure la joie d’être et de vivre, témoigne d’une société acceptable et acceptée à son époque. Et l’inverse ?
L’inverse c’est l’art contemporain officiel, laid, absurde et provocateur. Un renversement des valeurs esthétiques qui est à l’image du renversement des valeurs idéologiques, politiques et morales qui caractérise l’Occident depuis la deuxième guerre mondiale. L’idéologie du matérialisme rationaliste est effectivement un renversement total des valeurs spirituelles antérieures. C’est ce que les textes fondateurs de l’hindouisme décrivent, depuis avant notre ère, comme étant le destin cyclique des civilisations.

THE EUROPEAN PAINTING: A STORY IN PICTURE. (1)

The paintings, frescoes, mosaics, stained glass show a history of Europe. A very concise story, of course, but probably truer, in some areas, as written history. The Discours is too easily forged. Ideologies tell the story as they wish and falsify without hesitation. It is more difficult to falsify a story in pictures. With the tongue or with the pen, the man lies as often as he told the truth. With eyes, unless closing them or destroying the images (iconoclasm), it is more difficult to rebuild one real entirely other than that is displayed prominently on a table or a fresco.

One of the characteristics of Europe, which is reflected in the history of its painting is a clear tendency towards instability and cultural and ideological impermanence. A difficulty in perennializing and, on the contrary, a propensity for change that characterizes this society in comparison with other civilizations. Fernand Braudel has very well described this phenomenon with the acuity of his mind of comparative synthesis:
"The civilizations of the Far East present themselves as groups that would have reached remarkable maturity and development very early on, but to make some of their essential structures almost immutable. They have achieved remarkable cohesion but also a difficulty in transforming themselves, in wanting and being able to evolve. In the Far East, where monuments are deteriorating as in China and Japan because they are built of light materials, man, society and culture seem to be indestructible. Religious, philosophical, social and political sustainability are its hallmark, unlike the West" (Grammar of Civilizations)

Europe has experienced in its history several ruptures of spiritual and moral values, and of civilizations, which Art, and painting in particular, clearly testifies to. Four more or less sudden and more or less sensitive ruptures:
– The end of the Greco-Roman civilization and the advent of Christianity. (1)
– The "Renaissance" (2)
– The "Reform" (3)
– The "Lights" (4)
At each of these stages, European art – painting in particular – has changed, more or less quickly, more or less deeply.

The Germanic and Slavic invasions (not to forget the latter, they are very important) and Christianity have caused a cataclysm, certainly secular, but formidable. This Cataclysm was not only political, economic and technical. All the moral, philosophical, spiritual rules, all the representations of the world that were those of Greek and Roman antiquity slowly collapsed. It must be seen that the collapse of antiquity and the substitution of Christian values, in their Catholic and Orthodox versions, for Greek-Roman values, whose sources were Indo-European, was a considerable cultural rupture. Christianity introduced into Europe a whole vision of the world and of man that was totally foreign to European society between minus 500 and plus 500. The new values and the Christian worldview are borrowed in a massive way from the Judaic culture and more widely Semitic. From this point of view, the Christianization of Europe is a considerable acculturation of the European populations. The Renaissance is a very partial resurrection, reserved for an intellectual and social elite, of the thought and certain values of Greek and Roman societies from Indo-European sources.
All European painting between 1500 and the 19th century is the manifestation of Europe’s dual cultural heritage, Indo-European in origin and Semitic in import.
The result is obvious: the paleo-Christian and Byzantine art have nothing in common with the Greco-Roman art. Nor technicaly, nor by the themes. The technical capacities are collapsing, and the themes change completely, only to be inspired by the Catholic or Orthodox religion.
A civilization has slowly settled on these cultural bases, Catholic-Orthodox. This civilization flourished for more than 1500 years. Art, especially painting, are witnesses of. Never mind the apostates discourse that still flourish today among European "elites", who proclaim the absence of the Christian roots of Europe. It is sufficient to get into an art museum, and open your eyes. The speeches are lies, but the pictures do not lie. These roots are almost completely dead, it is a fact. That these roots do not exist, this is a lie.
After 1950 European painting changed: This can be seen in our museums of Contemporary Art.
The Western elites have decided a total reversal of the values that have governed European art for 3000 years and imposed the idea that the art of painting and sculpture need not necessarily be beautiful. Beauty was, according to the new Influents, an outdated concept. In reality it is the very notion of an art that would be a sharing of ideas and common emotions between elites and peoples that is denied with Contemporary Art (Modern Art II according to the latest trends). This "Art" was born in the United States in the 1920s, from European and even French ideas (Duchamp), and was imposed in Europe after the Second World War. The ugly and absurd art, provocative until abjection , falsely revolutionary, but totally academic art is an imposed art because politically and ideologically compliant.
Various questions inevitably arise:
This painting of Catholic times is univocal. It bears witness to a vision of the world that is totally conditioned by Catholic or Orthodox doctrine at the east. Was it the expression of a totalitarian ideology imposed on peoples against their will?It is certain that as soon as it was recognized by the powers, Catholic Christianity, like that of the Orthodox Church, did everything to eliminate all competing religion. For starting of course with paganism. In the course of the first centuries of our era, Catholicism prevailed against a whole series of neighboring doctrines, described as heretics, like Arianism. To end to impose his law, which will be effectively challenged only with the Reformation.

But it also appears that from the year 1000, west of Europe, except for some later resistance in the south of France, the Catholic religious ideology was totally adopted, internalized, by the majority of men, from the base to the top of society. And this unique, structured ideology was the spiritual source of a civilization that lasted for more than 500 years under its exclusive influence.
The true Renaissance, economic, political, cultural of Western Europe began in the year 1000 and continued until the end of the 14th century while the Church is ideologically reigning, without sharing. As Fernand Braudel has well pointed out in all his works, Catholic Europe owes nothing to the Arabs and has not waited for Protestantism to develop a first efficient commercial and banking capitalism, a source of wealth and well-being. Witness: Pisa, Florence, Venice, Genoa, Milan, Gent, Bruges, Ypres, Antwerp, Cologne, Lübeck, Augsburg, Barcelona ….
This perfectly autonomous development, and all the European art of this period, by its beauty and the significant symbols shared by a whole population that it expresses and spreads, are testimonies of the health of this civilization.
Exactly as one might think for Egyptian, Greek or Roman societies. It must therefore be concluded that this religious ideology has not been lived in terror or even as a constraint, except by some marginal populations. The artists obviously felt free in this society described by later historians as being from the "Middle Ages". No, this age is not average. Artistically, it’s obvious. And not only in painting.
If they had not lived with the feeling of being free the artists of the "Middle Ages" would not have been so creative of an art that was wanted by the elites like a communication, a sharing with the populations and which has clearly managed to bring together around a religious ideology, that inspired a whole civilization, elites and peoples together, for more than Five hundred years.
All the painted and carved art, and the stained glass windows of the Romanesque and Gothic churches, financed by the trade guilds, have been made during a millennium for the peoples, including the illiterate. It was not a separate art, incomprehensible by the popular masses and absolutely reserved for elites.
At the Renaissance only appeared an art more specifically intended for cultured elites and whose themes were Antiquity. But without conflict with the religious art that has retained a great importance and its function of sharing the beautiful and the sense in the direction of both peoples and elites
The whole European and even universal history testifies that there are subtle correspondences between societies and their art. A beautiful and significant art, which is the delight of men of his time and all times, which provides the joy of being and living, reflects a society acceptable and accepted in his time. And the opposite ? The opposite it is the official contemporary art, ugly, absurd and provocative. A reversal of aesthetic values that is a reflection of the reversal of the ideological, political and moral values that has characterized the West since the Second World War. The ideology of rationalist materialism is indeed a total reversal of earlier spiritual values. This is what the founding texts of Hinduism have described, since before our era, as the cyclical fate of civilizations.